27/03/2008

Cinéma en salle

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J’aimerais lancer une réflexion et collecter vos réponses, avis et souvenirs : qu'est ce qui nous fait préférer le cinéma en salle ? Quelle différence y a-t-il à découvrir un film au cinéma, par rapport à le découvrir à la télévision ? 

 

Didier

 

 

Voici quelques témoignages pris ici de Catherine Deneuve sur le sujet:

Je vais de préférence au cinéma dans les salles, car j'aime sentir I'émotion presque palpable des gens.

J'ai un grand plaisir à aller voir les films en salles. Ça me demande toujours un petit effort au départ mais après, j'aime beaucoup cette sensation... Etre dans le noir avec des gens que je ne connais pas... Ce faux silence... La rumeur qu'il y a toujours dans les salles est pour moi le mixage indispensable à l'écoute d'un film. Sans cela, c'est comme si je voyais un ruisseau couler sans entendre le bruit de l'eau...

Je suis une actrice qui va au cinéma. Je vois les films avec le public. Il faut continuer à sortir, à voir les films ensemble, en groupe. Il se passe quelque chose d'indicible, pas comme devant son poste.

Pour moi, le cinéma, ça reste la salle, le silence de la salle ou même la rumeur de la salle. L'ambiance physique de la salle reste très importante pour moi. Et d'ailleurs, je souffre quand je vois mes propres films en projection privée parce qu'il n'y a pas cette ambiance d'une vraie salle de cinéma.

J'aime toujours aller au cinéma en salle. J'adore ce moment où la musique du cinéma baisse doucement, où le noir se fait, où le rideau s'ouvre et où le générique commence. C'est pour moi une émotion intacte que celle-là...

Moi, ce qui me donne de l'émotion c'est d'entendre, par exemple, rugir le lion de la MGM avant le générique d'un film.

J'aime rire et pleurer au cinéma. J'aime être émue en tout cas.

C'est vers 15 ou 16 ans que j'ai commencé à aller beaucoup au cinéma. Sur les conseils d'amis cinéphiles, j'allais voir les classiques, comme Eisenstein, Welles... J'allais dans des ciné-clubs, au Mac-Mahon, et puis aussi dans les cinémas de la rive gauche, mais c'était toute une histoire, à 15 ans, quand on habitait rive droite, d'aller au cinéma rive gauche ! C'était comme de traverser le Styx !

Je préfère aller voir des films que j'ai de grandes chances d'aimer. En même temps, je suis aussi extrêmement curieuse et, parfois, même si je sais que je risque de ne pas aimer beaucoup ça, j'y vais quand même...

Je suis capable d'aller voir un tout petit film indépendant qui se joue dans une seule salle à midi et la même semaine un gros machin, par exemple un film de Tim Burton que j'adore, dans une grande salle de la place d'Italie.

Je revois les films à la télévision, surtout la nuit. Ça me stimule pour découvrir des choses nouvelles. Quand je revois "Le Journal d'un curé de campagne" de Bresson, un film que j'aime énormément, ça me donne envie d'en revoir d'autres, "Mouchette" par exemple. Ça relance mon désir de cinéphile.

Il me reste la télé pour rattraper ce que je rate au cinéma : depuis l'arrivée du câble, je dors beaucoup moins ! Même quand je tourne, si je rentre tard et que je tombe sur un film que j'aime, j'ai du mal à m'arracher de l'écran. C'est un vice.

20/03/2008

VO or not VO?

Ce film est en VO

Au sujet des versions originales au cinéma Rouge & Noir

                                            par Didier

Chaque semaine, nous devons, à l'accueil du cinéma, répondre à deux types de réclamations de spectateurs sur ce sujet.
  • Les uns se lamentent car le film qu'ils viennent de voir était en version doublée, et non en version originale comme ils le souhaitaient... je les comprend, bien souvent.
  • Les autres n'aiment pas voir des films sous titrés, pour différentes raisons : difficultés à lire les sous-titres, ou l'impression de ne pas bien profiter des images lorsqu'ils doivent lire au bas de l'écran la traduction... je les comprend, aussi quelquefois.
Pour ma part, sachez que pour moi, spectateur assidu, cinéphile (quelquefois), et directeur de cette salle de cinéma pour laquelle je me suis battu pendant des années pour qu'elle renaisse après 8 ans de fermeture, je préfère voir les films en v-o, bien sûr.

J'aime entendre la vraie voix de Redford, de Meryl Streep... et j'ai l'impression de mieux apprécier le jeu des acteurs. Mais je concède, que quelquefois, lorsqu'il s'agit d'un film d'aventures, d'action, et lorsque ce n'est pas le jeu d'acteur qui fait la qualité d'un film, ET SI le doublage est de qualité, j'accepte de voir le film doublé en français.

Par contre il m'est impossible d'imaginer de voir un film de Woody Allen, Bergman, Fellini, un film chinois ou japonais, dans une autre langue que la langue originale dans laquelle il a été tourné.
 
En tant que programmateurs de cette salle, l'équipe du cinéma (bénévoles plus moi-même) nous entendons toutes les doléances et tentons de répondre aux attentes de nos spectateurs, compte tenu d'un autre paramètre qui est très contraignant : la disponibilité des films doublés ou non, et le temps que nous acceptons d'attendre avant que la copie en version originale soit disponible pour Saint Julien.
Donc, chaque semaine, nous avons en principe 3 films, voire 4 lors des vacances ou avec des soirées spéciales. Il y a donc :
  • 1 film français
  • 1 film d'art et d'essai (donc, dans 95% des cas, en version originale)
  • 1 film pour jeunes ou enfants (doublé en français dans la majorité des cas)

Et si il y a un 4eme film, et si il est étranger, c'est en fonction du film, et de la disponibilté de la copie. De plus nous allons essayer de ne pas passer 2 films en version originale dans une même semaine...

Il y a eu une entorse, mémorable pour certains, au cours de la semaine du 5 au 10 mars: les 3 films étaient en français !!!

  1. Paris : film français
  2. Juno : il nous a semblé que pour passer ce film pendant qu'il était dans l'actualité, il ne fallait pas attendre une disponibilité de la copie en V-O sous-titrée, de plus, le public visé (adolescents de 12 à 18 ans), préfère pour l'instant les films en français donc doublés.
  3. Into the wild : impossible d'avoir une copie du film en V-O avant de longues semaines, donc, nous acceptons de la passer en V-F. Il me semble aussi que le doublage n'a pas nuit à l'histoire, pour ce type de film basé sur une ambiance aventure-introspection, avec de plus une voix off qui accompagnait de nombreuses séquences du film...
Résultat en termes de chiffres d'entrées : LE PUBLIC A REPONDU PRESENT sur les 3 films, en masse : plus de 330 entrées pour PARIS en 5 séances, plus de 270 entrées pour INTO THE WILD en 4 séances, et 160 entrées pour JUNO en 4 séances...

Pour info, depuis l'ouverture du cinéma le 19 septembre 2007 sont passés en version doublée les films suivants :

La vengeance dans la peau, Le goût de la vie, Michael Clayton, Il était une fois, A la croisée des mondes, Reviens moi, Sweeney Todd, No country for old men, Juno, Into the wild... tous les autres sont passés en version originale sous titrée...

désolé pour les anglophones... que je salue respectueusement et amicalement.

19/03/2008

Article de J.Morice

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Les Cinémanies de Jacques Morice :
 
Projections privées
 
Publié le dimanche
 
16 mars 2008 à 11h00


 
On ne va pas cinéma avec n’importe qui. C’est trop intime. Même y aller en bande n’est pas aisé. En général, on y va seul ou avec un(e) ami(e), à trois à la rigueur. Au-dessus, on est en surnombre, on a soudain l’impression d’être un groupe scolaire. De trop se disperser. Comédie sociale oblige, on s’est déjà retrouvé à sept ou huit, avec des personnes pas vraiment cinéphiles, butant sur un choix impossible. Tandis que l’une veut aller voir la comédie avec machin (un acteur qu’elle adore), l’autre ne supporte pas machin ; un troisième, qui propose Du Rififi à Kolwezi, se voit aussitôt contrer par un « oh, les films de bagarre, j’aime pas ». Et toi, Jacques ? Euh, non merci, franchement, allez-y sans moi.
 
L’idée de trouver un compromis, un film au ventre mou qui contente tout le monde est contraire à nos principes. On passe aussitôt pour un rabat-joie, un prétentieux, les amis (?) comprenant vite qu’on ne parle soudain plus la même langue, que le cinéma est pour nous un truc bien trop sérieux pour se résumer à une sortie sympa. Certes, on pourrait faire du prosélytisme, tenter de les persuader d’aller voir le film de notre nouvel auteur fétiche philippin, mais on craint fort que la moitié de l’expédition se morfonde comme un rat mort. On insiste pas.

Alors quoi, ça ne se partage pas le cinoche ? Si, c’est d’ailleurs ce qui lui donne tant de valeur. Mais le partage se fait tacitement, une fois dans la salle. On y entre seul (même en couple), on en ressort plus peuplé à l’intérieur de soi. Une séance de ciné, c’est une étrange confrérie dans le noir, serrée ou clairsemée. On y croise des étrangers qui nous ressemblent – parfois un visage nous fait fantasmer.

Quand bien même les spectateurs restent des silhouettes, une affection particulière nous lie à chacun d’eux. Car, sans s’être parlé, on a vécu quelque chose de fort : ce bain commun dans la durée propre à la projection. Curieuse immersion, voyage immobile, à la fois dans le temps et hors du temps. Ensuite, qu’il y ait communion ou pas, peu importe. Même si toute la salle n’a pas pleuré ou rit au même moment, on s’est enrichis ensemble tout en s’appropriant individuellement le film. Pour peu que le film compte dans notre mémoire, alors l’ami(e) qui nous accompagnait ce jour-là et qui se baigna à nos côtés, compte tout autant.


Jacques Morice

10/03/2008

Le cahier

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Bonjour,

Je viens de mettre un lien à droite sur "Sur la route du cinéma", un blog très bien documenté d’une cinéphile exigeante. Allez y. Elle recommande Le Cahier.

 

 

 

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